Cancer du sein

Débat télévisé – Dépistage du cancer du sein

Causes et facteurs de risques
Premier cancer féminin en nombre et première cause de décès par cancer chez la femme, le cancer du sein associe des facteurs endogènes (génétiques, hormonaux, immunitaires) et exogènes (tabac, alimentation, alcool).

Détecté à un stade précoce, il peut être guéri dans plus de 9 cas sur 10 mais aussi soigné par des traitements moins lourds, entraînant plus rarement des séquelles.

De nombreux progrès ont été réalisés dans les traitements, cependant, le dépistage constitue toujours l’une des armes les plus efficaces de la lutte contre le cancer du sein. Il a pour objectif de détecter des lésions cancéreuses pour les traiter au plus tôt. La mammographie permet de repérer de petites tumeurs localisées, au pronostic favorable.

Prévention
Le dépistage du cancer du sein, organisé par les pouvoirs publics, est généralisé sur l’ensemble du territoire depuis 2004.

Il concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, invitées à se faire dépister tous les deux ans (mammographie avec double lecture et examen clinique des seins), pris en charge à 100% par l’assurance maladie, sans avance de frais.

Chaque femme concernée reçoit un courrier d’invitation de la structure départementale organisant le dépistage (Mathilde pour le Calvados, Iris pour la manche, le Conseil Général pour l’orne).

Il lui faut alors prendre un rendez-vous avec la mammomobile ou le radiologue de son choix parmi la liste des médecins agréés jointe.

Le référentiel européen mis à jour en 2006 préconise un taux de participation de la population cible supérieur ou égal à 70 % or les données de 2012 permettent de constater que cet objectif n’a pu être atteint puisque seulement 52.7% des femmes ont répondu à l’invitation au dépistage organisé en France (58% en Basse-Normandie).

Des questions émergent depuis plusieurs années sur les bénéfices et les risques associés au dépistage du cancer du sein par mammographie. Elles portent particulièrement sur le risque de sur-diagnostic et de sur-traitement associé, ainsi que sur l’inquiétude face aux cancers radio induits.

La première revue complète réalisée sur les programmes européens de dépistage publiée en septembre 2012 dans le Journal of Medical Screening conclut que « pour 1.000 femmes dépistées tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans jusqu’à 68-69 ans et suivies jusqu’à 79 ans, entre sept et neuf vies seraient sauvées et quatre cas seraient sur-diagnostiqués. »

Le dépistage sauverait ainsi deux fois plus de vies qu’il n’occasionnerait de sur-diagnostic. Les auteurs de cette étude concluent que le bénéfice du dépistage est supérieur à ses risques.

Par ailleurs, aujourd’hui, dans l’état actuel des connaissances, il est encore impossible de prédire l’évolutivité d’une lésion au moment de son diagnostic
C’est pourquoi l’ensemble des lésions détectées fait donc l’objet d’un traitement. La prise en charge des cancers faisant l’objet d’un sur-diagnostic correspond à ce que l’on appelle sur-traitement.

La recherche sur l’identification des marqueurs de pronostic ou d’agressivité permettra, à terme, de repérer parmi ces cancers ceux susceptibles d’être peu évolutifs, pour proposer une stratégie de prise en charge plus adaptée.

Toutefois, l’évolution des connaissances sur les marqueurs tumoraux et les réunions de concertations pluridisciplinaires permettent, déjà, un traitement ciblé du cancer et une prise en charge personnalisée (technique du ganglion sentinelle, schémas chimiothérapiques moins lourds, chirurgie conservatrice).

En 2010, en France, ce programme avait permis de détecter plus de 16000 cancers soit 7‰.

Sources : INCa, CNAMTS, Réseau Mathilde, Réseau Iris, Conseil Général de l’Orne, Journal of Medical Screening, vol.19, supplément 1, p1-82

Publié le 31/05/2017

Dernières modifications le 17 janvier 2018 | Olivier Sérée - Chargé de mission